BLOG

Malvoyants, aveugles : comment leur permettre de vraiment utiliser Internet

Introduction

On imagine souvent qu'un site internet, c'est avant tout une affaire d'image : de belles couleurs, une mise en page soignée, des photos qui donnent envie. Mais pour des millions de personnes malvoyantes ou aveugles, un site internet ne se regarde pas — il s'écoute, il se navigue au clavier, il se comprend à travers une structure invisible à l'œil nu.

En France, on estime que près de 1,7 million de personnes vivent avec une déficience visuelle, dont environ 200 000 sont aveugles. Pour elles, un site mal conçu n'est pas simplement moins agréable : il est tout bonnement inutilisable. Pas de menu compréhensible, pas de formulaire remplissable, pas de contenu accessible — et c'est tout un pan de la vie numérique qui se ferme.

Dans cet article, on vous explique concrètement comment les personnes malvoyantes et aveugles naviguent sur le web, et surtout, ce qu'il faut mettre en place pour qu'un site internet leur soit réellement accessible.

Comment une personne aveugle ou malvoyante navigue sur le web

Il n'existe pas une seule façon de naviguer sans bien voir — cela dépend du degré et du type de déficience visuelle.

Les personnes malvoyantes utilisent souvent :

  • Un zoom d'affichage (parfois jusqu'à 300-400 %) pour agrandir le texte
  • Des contrastes renforcés ou des modes sombres pour mieux distinguer les éléments
  • Des loupes d'écran logicielles qui suivent le curseur

Les personnes aveugles, elles, naviguent principalement grâce à un lecteur d'écran (comme JAWS, NVDA ou VoiceOver sur Mac/iPhone). Ce logiciel lit à voix haute le contenu de la page, décrit les images, annonce les liens et les boutons, et permet de se déplacer dans la structure du site à l'aide du clavier uniquement — sans jamais toucher une souris.

Autrement dit : si votre site n'a pas été pensé pour être lu et navigué au clavier, il devient un mur infranchissable pour ces utilisateurs, quelle que soit la qualité de son design visuel.

Les bonnes pratiques essentielles pour un site accessible

1. Des textes alternatifs (alt text) sur toutes les images

Chaque image doit avoir une description textuelle claire (l'attribut alt), lue à voix haute par le lecteur d'écran. Une photo de logo, un bouton en image, une infographie : si l'alt est vide ou absent, c'est comme si l'image n'existait pas pour la personne qui écoute.

2. Une structure sémantique claire (titres, balises HTML)

Les lecteurs d'écran s'appuient sur la structure du code (balises <h1>, <h2>, <nav>, <button>, etc.) pour permettre à l'utilisateur de "sauter" d'une section à l'autre, comme on parcourrait une table des matières. Un site codé "à l'ancienne", avec du texte en gras qui imite un titre sans être un vrai titre HTML, casse complètement cette navigation.

3. Une navigation 100 % au clavier

Tout ce qui est cliquable à la souris doit pouvoir être atteint et activé avec la touche Tab, Entrée et Espace. Menus déroulants, formulaires, boutons "fermer" : rien ne doit être accessible uniquement au clic de souris.

4. Des contrastes de couleurs suffisants

Un texte gris clair sur fond blanc peut sembler élégant, mais il devient illisible pour une personne malvoyante. Les recommandations internationales (WCAG) imposent un ratio de contraste minimum entre le texte et son arrière-plan.

5. Des formulaires bien étiquetés

Chaque champ de formulaire (nom, email, message) doit être associé à une étiquette (label) explicite. Sans cela, un lecteur d'écran annonce simplement "champ de texte", sans préciser ce qu'on doit y écrire — et l'utilisateur abandonne.

6. Un texte redimensionnable sans casser la mise en page

Une personne malvoyante doit pouvoir zoomer largement sur la page sans que le contenu se chevauche ou disparaisse hors de l'écran.

7. Éviter de faire passer une information uniquement par la couleur

"Les champs en rouge sont obligatoires" est inutile pour une personne qui ne perçoit pas le rouge ou qui n'a pas de perception des couleurs du tout. Il faut toujours doubler l'information par un texte ou un symbole.

Pourquoi c'est aussi une question de bon sens business

Rendre un site accessible n'est pas qu'une démarche solidaire : c'est aussi un site mieux structuré, souvent plus rapide, mieux référencé (le SEO et l'accessibilité partagent de nombreuses bonnes pratiques, comme les textes alternatifs et la hiérarchie des titres), et plus agréable à utiliser pour tout le monde — y compris une personne en pleine lumière du soleil sur son téléphone, ou une personne âgée avec une vue qui décline.

Conclusion

Un site accessible n'est pas un site "en plus" pour une minorité : c'est un site bien construit, du premier au dernier utilisateur. En intégrant ces bonnes pratiques dès la conception — et non en rustine après coup — on ouvre son site internet à toutes et tous, malvoyants et aveugles inclus.

Chez Digimadev, l'accessibilité numérique fait partie intégrante de notre approche de conception de sites internet. Parce qu'un beau site n'a de valeur que s'il est utilisable par tous.

www.digimadev.com | #digimadev | @digimadev

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Une erreur s'est produite lors de l'envoi de votre message. Veuillez réessayer.

Contrôle de sécurité

Code Captcha invalide. Essayez à nouveau.

Information icon

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.